CHUSCLAN OU LA NAISSANCE D’UN VILLAGE

Des hommes occupent notre terroir dès la Préhistoire.

 

Les géologues estiment que notre terroir présente l'essentiel de son aspect actuel depuis le retrait de la Mer Plaisancienne (6 millions d'années). Des traces de peuplement datées de 30-32 000 ans y apparaissent : c'est la fin de l'âge de pierre avec la « culture des sables » trouvée par M. Clapit sur les hauteurs du turonien dominant fossé et terrasses de Carmignan : des tas de galets roués et polis de différentes teintes marquent des campements distants de 50 à 80 m de chaque côté du sentier antique partant de ce gué marécageux et se subdivisant vers la combe giconnenque et le chemin de force-mâle partant vers l'est. Le rocher du Piroù en surveille les abords ; creusé de main d'homme dans le rocher sableux, ses 6 ou 8 occupants y sont quasiment invisibles et bien protégés par son accès difficile.

Une de nos étymologies préhistoriques (caousclan = tribu des Caous), confirme et prolonge cette présence humaine : site du Sablas des bois sur le terre-plein de plateau traversé par le chemin du Pas de Roule à Gicon - nom ancien de Vescaou que nos grands-parents utilisaient communément, bien que jamais cadastré, pour le quartier compris entre la rue de Surville, les chemins du cimetière, des Prés et du Ruisseau - Mont des Caoux ou de la Cau employé autrefois pour Monticault et pouvant aussi bien indiquer une proximité d'habitat que la présence d'argile qui sera longtemps utilisé pour fabriquer tuiles et poteries, des sites préhistoriques à Cadenet.

L'âge des Bronze (2000 - 900 av JC) a laissé des traces indélébiles ; les 3 épées découvertes à la Rouvière par M. Michel Fleurial, datées de 2000 ans avant notre ère et venant de fonderies suisses, confirme le passage, avant bien d'autres d'émigrants venus des ces cantons en suivant le Rhône et la mobilité permanente des hommes. Les bracelets de la sépulture des Gagemenet conservés au Musée de Pont Saint Esprit et les fouilles d'un tumulus au Mourre de la Folle signalés sans précision, seraient de la fin de cette période.

Les débuts de l'histoire

Le mélange des populations venues de beaucoup d'horizons crée une certaine identité qui devient peu à peu la tribu gauloise des Volsques Arécomiques sur la rive droite du Rhône autant frontière que voie de communication. Ces nomades deviennent bons agriculteurs mais ont gardé la réputation d'intempérants, peu travailleurs, peu respectueux de l'ordre établi. L'identité culturelle créée autour des cités qu'ils bâtissent, du travail, de leur goût commun du bien boire et du bien manger, de leurs innombrables dieux, ne les empêche pas d'être souvent en guerre avec les tribus voisines et les commerçants grecs ; c'est l'occasion et le prétexte de l'invasion romaine et de leur incapacité à s'y opposer : esprit de clocher et fiertés particularistes nous viennent de loin.

Mercure est un des dieux le plus populaire : nom de la Dent de Marcoule donné à la montagne de l'Angle dominant Cadenet, adoré aussi des Grecs et des Romains ou bien Dune d'Hercule traduisant l'aspect imposant de sa masse vue de loin ?

L'arrivée de nouveaux venus était souvent conflictuelle avant d'être acceptée ; d'où la continuité d'utilisation des sites élevés protégés par des murs de pierres sèches (bois et Gicon) ; la présence de tumuli (Dent de Marcoule et Costes) traduisent en ces lieux des inhumations aux 7ème et 6ème siècles av JC avant que n'apparaissent les tombes sous pierres plates. En dehors du site fortifié de Gicon auquel succédera une Villa gallo-romaine, il ne semble pas que les autres aient été encore utilisés pendant les 2 siècles de paix romaine ni pendant les invasions du premier Millénaire.

Il est difficile de savoir mais il est probable que lors des périodes de tranquillité, des hommes se soient installés dans des lieux plus accessibles, faciles à cultiver hors des bois rocheux, en présence de points d'eau plus nombreux et permettant des échanges : donc autour des gués les plus faciles. Le franchissement des rivières tributaires de notre climat a posé problème pour établir des communications en dehors des grandes voies antiques devenues Via Dominitia ou du Vivarais vers Alba. Une dérivation de cette dernière passait la Cèze au gué le plus facile, d'où 2 chemins partaient vers le nord et Pont Saint Esprit ou lest vers un autre passage du Rhône doté très tôt d'un bac. Une autre moins importante empruntait le gué marécageux de Carmignan et permettait d'aller aussi au nord et à l'est.

Gaulois et Romains nous ont laissé 3 autres origines : Chausclan = chaumes clan - réunion de chaumières - Hensclan = tribu d'un dieu gaulois et Chusclanum ou Genesiacum pouvant s'appliquer à un lieu de culte à Jupiter tant à Chusclan qu'à Gicon qualifié aussi de Jucundus (forteresse agréable) à moins qu'il ne désigne le propriétaire de la villa gallo-romaine du lieu.

Les 2 premiers termes laissent supposer un habitat humain non loin du gué avant et au début du premier Millénaire. La colonisation romaine a de plus laissé sur l'emplacement e notre village, des monuments funéraires de familles de la tribu des Voltinia : Manrinus, Primus, Lucretius, Croma, Virilius Severinus, Titus Cassius Titulus (Gicon), Maternus, Romanius Pedonius, Vassilius Quartulus ; des noms de quartiers (Colombier champ du maître, Colettes petites abeilles). Castrum de Jocone ainsi nommé jusqu'en 1114, autel dédié à Jupiter, mosaïque et bouclier de Scipion (Cadenet où des vétérans de l'armée romaine seraient venus de Cadenet sur Durance).

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